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 DIALOGUES sous influence

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Leo REYRE
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Date d'inscription : 20/01/2010
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Localisation : VALREAS

MessageSujet: DIALOGUES sous influence   Ven 10 Mar - 16:50

Miss France

 

A entre en scène. Il est habillé en Reine des Neiges ce qui déclenche forcément le rire. Il fredonne « Libérée, délivrée… »

B rentre à son tour. Il est habillé en Miss France (Maillot de bain, écharpe, perruque, talons hauts. Les rires redoublent.

A Le jauge.

B : Tu es sûr que c’est là ?

A : Où veux-tu que ce soit ? C’est là toutes les années.

B : Y a personne.

A : Y a personne encore. On doit être un peu en avance.

A se tourne vers B

Alors là !... Alors là !...Malheureusement, tu n’es pas crédible.

B : Parce que toi, tu penses que tu l’es ?

A : Parfaitement. Moi, je suis un personnage de dessin animé donc, de toute manière, je n’existe pas en chair et en os. J’interprète à mon idée.

B : Mais Elsa,  la Reine des neiges, elle est vraiment blonde !

A : Tu l’as vérifié ? Il y a plus de fausses blondes que de vraies… Regarde Madonna, par exemple.

B : C’est une fausse blonde ?

A : Pardi… En réalité, elle est brune comme toutes les Italiennes.

B : Elle est Italienne Madonna ?

A : D’origine. Madonna Louise Ciccone…Ça peut pas être plus italien.

B : Moi, j’en connais des blondes, des Italiennes…des vraies blondes.

A : Pas des Abruzzes comme Madonna. Tu dois pas en connaître beaucoup… ou alors, elles sont pas d’origine.

Non, je te dis et je te le répète : tu n’es pas crédible… D’abord, tu es trop petit…Regarde, ton écharpe traîne parterre… Une Miss France mesure au moins 1,70m… Tourne-toi, un peu… C’est bien ce que je pensais : tu es trop poilu…Regarde tes mollets, tes bras… Tu en as déjà vu, des Miss France à poils ?

B : A poils, non. Seulement imaginé…Et des Reines des Neiges qui chaussent du 45 ?... Je suis peut-être poilu mais  j’ai des poils clairs…On les voit moins que les tiens.

A : Fais voir cette écharpe…Donne que je la règle à ta taille : tu me fais pitié.

A la raccourcit en faisant un pli tenu par deux épingles. B est dos au public. Il rajuste son maillot de bain, règle la hauteur de ses faux seins… A lui repasse l’écharpe. Il a l’air satisfait de la longueur.

A : De dos, tu ressembles quand même à quelque chose… ( il lui tapote les fesses) Tu  sais qu’on pourrait se tromper ?

B se retourne. Le public éclate de rire. Le F a disparu de l’écharpe où on peut lire, maintenant Miss rance.

B : Et pourtant, j’ai rien dit.

A : Maintenant, tu es mieux dans ton personnage. Même si tu manques de fraicheur, c’est pas grave…au contraire, c’est un plus. Fais-toi voir, un peu…Marche…Avec une main sur la hanche…Sur une ligne imaginaire…Allez… C’est bien ça…tortille un peu plus…Voilà, parfait… Si tu es pas la miss, tu seras, sûr, première dauphine… Tu sais que je te vois bien en Miss maintenant… Demain, tu fais la une de tous les journaux pipeaux. Il te faudra des lunettes de soleil pour échapper aux paparazzis.

B : J’aimerais me voir dans une glace.

A : Y en a pas… Demande aux spectateurs comment ils te trouvent. Allez, demande… Fais pas ton timide.

B : Tu crois que je peux ?

A : Pardi que tu peux.

B : Bon… alors je demande…Mais qu’est-ce que je demande, au fait ?

A : Je sais pas, moi…Demande s’ils te trouvent beau, par exemple.

B : Ça risque pas de faire un peu vaniteux ?

A : D’abord, tu sais pas ce qu’ils vont te répondre… Demande…Après, tu verras.

B s’avance au bord de la scène à la manière des candidates miss. Le public l’ovationne.

A : Tu vois : ils te trouvent très beau.

B : J’aimerais une photo.

A : Demande. Ça m’étonnerait qu’il n’y ait pas quelqu’un avec son smartphone… Que ceux qui ont un smartphone lèvent le bras !... Tu vois, y en a plein. Vous, mademoiselle… Ah ! Madame… Excusez-moi… Pouvez-vous monter sur scène et prendre une photo du petit ?

La spectatrice monte, prend la photo. A chantonne la chanson de la Reine des neiges et s’approche de la photographe.

A : Faites voir. Oh putain ! Vous l’avez pas manqué !

B : Je peux voir ?...

A : Tu verras toujours assez tôt… Allez, madame, montrez lui puisqu’il le demande.

B : Et c’est moi, ça ?... A qui vous voulez le faire croire ?... C’est pas moi. Regardez l’écharpe. Qu’est-ce que vous lisez ? Miss rance… rance…Et ses cuisses de rugbyman…Et ses bras… Miss rance !...Oh ! Bon Dieu ! J’avais pas réalisé : Ils ont oublié la majuscule à rance.

A : C’est bien toi, tu sais.

B : Je suis comme ça en vrai ?...Ils ont oublié la majuscule… J’ai aucune chance, pas vrai ?

A : Reviens sur terre, mon vieux. Je dirais pas que tu n’as aucune chance, vu que nous ne sommes pas là pour le concours des miss  mais pour la soirée récréative et dansante des employés municipaux  organisée par l’amicale des employés municipaux et sponsorisée par notre principal fournisseur.

B : Tu en vois beaucoup des employés municipaux ?

A : Y en a : regarde… c’est vrai qu’en civil, à jeun et avec leurs femmes on les reconnaît guère.

B : Tu en vois beaucoup des employés municipaux déguisés ?

A : J’en vois qui ont mis la cravate.

B : C’est léger comme déguisement… Tu es sûr de la date ?

A : Pardi. Attends, j’ai gardé le programme dans mon soutien-gorge…

A  fouille dans son soutien-gorge devant B intéressé par le volume des faux seins de A.

B : C’est du combien comme bonnet ?

A : Pourquoi tu me parles de bonnet ? Je mets jamais rien sur la tête !...Ça y est. Regarde un peu la date, en haut.

B : Tu as raison : c’est bien aujourd’hui.

A : Tu crois que je t’aurais fait venir dans cette tenue ridicule, si je n’avais pas été sûr de la date ? Et moi, en Reine des Neiges… tu m’as souvent vu en Reine des Neiges ?... Mais cette idée de faire une soirée costumée, je trouve que c’est extraordinaire pour resserrer les liens entre des gens qui ne se voient que pour le travail…Y a plus de chefs ni de subalternes…

B : De subalternes ?

A : Moi, par exemple, je suis ton chef ; donc toi, par voie de conséquence, tu es mon subalterne.

B : Par voie, seulement par voie.

A : Si tu veux. Une soirée comme celle-là, ça brise les tabous. Allez, lis avec moi si tu doutes encore de moi.

A et B : L’amicale du personnel communal invite tous ses adhérents à sa soirée récréative et dansante sponsorisée et organisée par Pastis 51 en reconnaissance de la publicité faite à sa marque.

On boira à volonté.

A : Tu te rends compte ? On boira à volonté.

          B :Post scriptum : Une chambre de dégrisement sera aménagée sur place.

A : De dégrisement, tu dis… Tu es sûr ?

B : Une chambre de dégrisement.

A : Merde ! J’avais lu déguisement ! Excuse-moi.
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